Le 18 juillet 2009, le ciel s’est fermé d’un coup, la mer était calme une heure plus tôt, la météo promettait une traversée paisible. Puis l’horizon s’est assombri, le vent a tourné sans prévenir, et les premières rafales ont frappé les voiles comme des mains impatientes.
En Méditerranée, le temps change vite, trop vite pour négocier. Le bateau a commencé à protester, les haubans hurlaient plus fort, la coque frappait par des chocs plus courts et plus secs, on aurait dit que mon vieux deux-mâts me posait une question. Barrer à l’ouest et chercher un abri, ou garder le cap et rester exposé ?
Quelques minutes d’hésitation et le choix disparaîtrait, la mer déciderait à ma place. Les calculs, la météo, l’électronique et l’expérience devenaient tous inutiles, le vent montait trop vite, les vagues gagnaient en hauteur, et le bateau lui-même semblait inquiet. Pas paniqué, inquiet, il y a une différence, et ce soir-là je la connaissais.
Il y a des moments où la vie cesse de discuter, ce qui relève du plaisir peut devenir, en quelques minutes, une question de survie. Dans ces instants-là, le mental n’a plus sa place, il n’a ni le temps, ni la vitesse, ni la justesse qu’il faut.
Quelque chose d’autre prend le relais, les gestes deviennent précis sans effort, le regard ne cherche plus, il voit. Le temps ne s’écoule plus de la même manière, il s’élargit et chaque seconde contient davantage.
L’action ne se décide plus, elle s’impose. Ce n’est ni du courage ni une technique, c’est une bascule, le corps sait avant la pensée, en dehors d’elle et parfois malgré elle.
Pourquoi ces éclairs de génie me sont-ils apparus dans l’urgence et moins soudainement dans le quotidien alors qu’ils sont manifestement plus justes que tout le reste ?
— Dans l’urgence, ce n’est pas le mental qui agit, c’est ce que nous sommes.
Détenir la clé permettant un accès sans limite à ces éclairs, afin qu'ils ne soient plus fugitifs mais disponibles à tout moment, me stimule et donne un sens à ma vie.
La tempête n’est qu’un exemple, pour chacun d’entre nous la vie en a offert d’autres tout aussi réels. Un accident évité de quelques centimètres, un regard qui change tout, ou une décision prise en une seconde qui oriente une existence entière, souvenez-vous !
Dans ces moments, quelque chose se suspend, le flux habituel des pensées se tait et une autre forme d’intelligence apparaît, plus rapide et plus globale. Elle ne calcule pas, ne compare pas, ne raisonne pas, elle est simplement sûre d’elle, elle sait. Quelque chose en nous s’en souvient et parfois nous interroge en silence.
Lorsqu’elle disparaît, le mental reprend sa place comme si rien ne s’était passé. Il explique, justifie, récupère l’événement et le range dans ses catégories ordinaires, c’est son travail et il le fait bien. Si on nous a appris à faire confiance à l’intelligence qui excelle dans la gestion du connu, celle-ci devient insuffisante dès que la situation échappe à ses repères.
Ce n’est pas elle qui a tenu la barre cette nuit-là, heureusement, croyez-moi.
L’autre intelligence, celle qui nous intéresse ici, est infiniment plus vaste. C’est une faculté de perception, de résonance et de vue d’ensemble qui saisit l’action sans la découper et reconnaît la solution sans la chercher.
Cette autre intelligence existe, elle n’est pas supérieure, elle est oubliée, c’est elle que je cherche à réveiller.
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J’écris pour devenir ce que je n’ai pas encore trouvé, c’est la vérité la plus évidente que je puisse vous offrir en ouverture.
Je suis né dans la génération 2.0, celle des postes de radio, des lettres manuscrites et des dimanches sans bruit.
J’ai travaillé dans la 3.0, celle des premiers ordinateurs, des fax et des premiers téléphones mobiles qui étaient gros comme des valises.
Aujourd’hui j’écris dans la génération 4.0, celle de l’intelligence artificielle qui représente une extension remarquable des capacités humaines pour calculer, comparer, optimiser, analyser et reproduire. Cela contraste fortement avec l’intelligence oubliée, qui sait percevoir ce qui n’a pas encore eu lieu, ressentir ce qui ne se mesure pas, agir depuis un lieu plus profond que la pensée, des aspects qu’aucune machine ne pourra jamais reproduire et qui demeure irréductiblement humain et vivant.
Si la vie prend soin de moi, je finirai dans la 5.0, dont je ne sais encore rien, sinon qu’elle sera plus rapide, plus connectée et sans doute plus bruyante que tout ce qui précède.
Ce décalage immense m’a rendu curieux parce que dans ce vertige de vitesse et de connexions, quelque chose résiste, quelque chose d’ancien, de lent, de silencieux qui ne se laisse ni numériser ni optimiser. C’est précisément là que ma position générationnelle prend tout son sens. À 77 ans, j’ai traversé toutes les révolutions technologiques et je viens parler aux enfants et petits-enfants de quelque chose que la technologie ne pourra jamais reproduire, cette intelligence oubliée à la base de ce livre. Plus le monde s’accélère, plus elle devient précieuse, plus le bruit augmente, plus le silence se fait révolutionnaire.
— Être vivant, c’est détenir le pouvoir immense de choisir sa vie et ce pouvoir, personne ne peut vous l’enlever.
Pendant qu’il est encore temps, je veux réaliser mes rêves et écrire ces croyances que je soumets à votre réflexion, c’est par là que tout commence.
Je crois que chacun de nous peut élargir ses habitudes mentales, devenir plus grand sans sombrer dans le délire, être ambitieux sans tomber dans l’arrogance.
Je crois que l’argent, le succès et le pouvoir ne sont ni des objectifs honteux ni des fins, ce sont des indicateurs d’un état cohérent.
Je crois que l’être humain n’a pas encore dit son dernier mot et qu’il est possible de rester vivant longtemps si l’on cesse de s’user intérieurement.
Je n’ai pas trouvé de manuel pour devenir une meilleure version de moi-même, alors je vais le créer et le mettre en pratique chaque jour pour en témoigner ici. Ce sera une sorte d’initiation pour parvenir à ces moments où l’intelligence devient lumineuse, sans cordon, sans secret obscur, sans illusion mystique.
Dans chaque destin, il y a le rêve d’une vie magique et je vous invite à partager ce travail qui sera le récit de mon propre voyage initiatique, évidemment autobiographique, parfois déraisonnable mais toujours sincère. Il vous appartiendra de vous approprier ce qui pourra nourrir votre propre transformation.
J’ai été un homme modeste, souvent fougueux, parfois à bout de souffle, mais j’ai toujours voulu comprendre. J'ai toujours cru que derrière les revers se cache un sens, une ouverture, une promesse. Si ce livre nous aide à devenir plus justes, plus vivants et moins enchaînés, il aura rempli sa première mission, il sera la preuve que rien n’est jamais perdu tant que nous restons ouverts à l’imprévisible et à la lumière.
L’histoire est un voyage en trois temps qui sont l’apprentissage, le compagnonnage et la maîtrise. Avec cette progression, je marche dans des pas très anciens tout en me donnant un cap qui est celui de réveiller en nous cette intelligence oubliée que je nomme la « magie vivante ».
Par cette navigation, nous nous rapprocherons des pouvoirs que l’on dit ésotériques. Ce n’est pas un enseignement, des bibliothèques entières détaillent chacun de ces chapitres mieux que je ne le ferai jamais, c’est un réglage. Comme les lettres d’un alphabet, qui prises une à une ne disent rien, mais qui ensemble rendent tout le reste lisible. Chaque partie aura sa fonction et aucun de ces chapitres n’est de trop ou ne se suffit à lui-même.
La première est une mise au point, c’est le minimum à travailler avant de prétendre à la suite. Un apprentissage pour certains et un rappel pour d’autres, dans tous les cas, ce sont les points essentiels à une transformation.
La deuxième est un approfondissement, on y reprend certaines de ces connaissances à la lumière d’expériences et de rencontres qui ont changé ma vie. Le but n’est pas de tout dire, il est de se préparer à pousser une porte.
La troisième partie fait toucher du doigt le rêve occultiste, non pour faire de nous des sorciers, rassurez-vous, mais pour vérifier dans sa propre chair ce que les deux premières auront rendu possible.
Gardez en tête cette progression, et rien de ce qui suit ne vous paraîtra futile.
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